Baromètre AMF 2025 : l'IA s'impose dans les décisions d'investissement
Le baromètre annuel de l'AMF, réalisé auprès de 2 120 Français entre septembre et octobre 2025, révèle une adoption massive de l'intelligence artificielle dans les décisions d'épargne et d'investissement. Les particuliers cherchent à gagner en autonomie et se tournent vers les outils IA pour s'orienter, parfois sans filet. Une tendance qui interroge sur la qualité de l'information consommée et les risques associés.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) publie chaque année son baromètre de l'épargne et de l'investissement, réalisé par l'institut Audirep. L'édition 2025, menée du 19 septembre au 3 octobre auprès de 2 120 personnes représentatives de la population française, livre un signal fort : les épargnants recourent désormais massivement à l'intelligence artificielle pour guider leurs choix financiers. Ce n'est plus un phénomène marginal réservé aux technophiles — c'est une pratique en train de se généraliser dans tous les profils d'investisseurs.
L'autonomie, nouveau graal de l'épargnant français
Le titre même du baromètre AMF 2025 est éloquent : « en quête d'autonomie ». Les Français ne veulent plus déléguer aveuglément leurs décisions financières à un conseiller ou à une banque. Ils souhaitent comprendre, comparer et décider par eux-mêmes. Dans ce contexte, les outils d'intelligence artificielle générative — capables de synthétiser de l'information complexe en langage courant — répondent à un besoin réel : obtenir une réponse immédiate, personnalisée et accessible, sans rendez-vous ni frais de conseil. Ce mouvement s'inscrit dans une tendance de fond, accélérée par la démocratisation des grands modèles de langage disponibles au grand public depuis 2023.
Un contexte de marché qui pousse à s'informer
L'environnement économique d'octobre 2025 n'est pas étranger à cet appétit d'information. Amundi anticipait à cette période un ralentissement de la croissance américaine, tout en soulignant la volonté de la Fed de soutenir l'économie, appelant à une stratégie « légèrement favorable aux actifs risqués » mais bien diversifiée. De son côté, Meilleurtaux Placement alertait sur la fermeture prochaine des PEL, incitant les détenteurs à se repositionner dès 2026. Dans ce paysage incertain, les épargnants ont de bonnes raisons de vouloir s'informer activement — et l'IA leur offre un accès immédiat à des synthèses de marché autrefois réservées aux professionnels.
Le private equity et les nouvelles classes d'actifs dans le viseur
L'essor de l'IA comme outil d'aide à la décision coïncide avec l'ouverture de classes d'actifs autrefois inaccessibles aux particuliers. France Invest confirme que 3,1 milliards d'euros ont été levés en capital-investissement en 2025, en hausse de 8 %, avec une progression marquée des souscriptions via l'assurance-vie pour des tickets compris entre 100 et 100 000 euros. Ces produits complexes nécessitent une bonne compréhension des risques et des horizons de placement. L'IA joue ici un rôle d'explicateur — mais cette simplicité apparente peut aussi masquer des approximations dangereuses si l'outil n'est pas utilisé avec discernement.
Ce que les dirigeants doivent retenir
- Les épargnants français utilisent l'IA pour prendre leurs décisions d'investissement de façon croissante, selon le baromètre AMF 2025 portant sur 2 120 personnes.
- Cette quête d'autonomie reflète une défiance partielle envers les circuits traditionnels de conseil financier.
- Le contexte de marché incertain (ralentissement US, fin des PEL, ouverture du non-coté) alimente le besoin d'information rapide et accessible.
- Le capital-investissement, en hausse de 8 % en 2025 avec 3,1 Md€ levés, attire de nouveaux profils d'épargnants moins aguerris aux produits complexes.
- L'AMF surveille ces usages : la qualité et la fiabilité des réponses générées par l'IA en matière financière restent un enjeu réglementaire majeur.
- Pour les acteurs de la gestion de patrimoine et les fintechs, intégrer l'IA dans leurs interfaces n'est plus une option — c'est une attente des clients.
Un écosystème startup IA français en pleine structuration
Cette adoption grand public de l'IA pour l'investissement s'appuie sur un tissu entrepreneurial dynamique. La France comptait 1 114 startups dans le domaine de l'IA en 2025, selon France Digitale et Sopra Steria Ventures — un chiffre qui franchit symboliquement la barre des 1 000 entreprises. Des acteurs comme Dust, cofondé par Stanislas Polu et Gabriel Hubert en 2023, illustrent la capacité des startups françaises à développer des agents intelligents exploitant les données internes des entreprises. Si ces solutions visent d'abord la productivité des équipes, leurs technologies sous-jacentes alimentent également les outils grand public que les épargnants utilisent au quotidien pour s'informer.
Vigilance et opportunité : les deux faces d'une même réalité
Le baromètre AMF 2025 n'est pas qu'un constat enthousiasmant — c'est aussi un signal d'alerte. L'autonomie accrue des épargnants via l'IA suppose que les outils utilisés soient fiables, à jour et adaptés au profil de risque de chaque utilisateur. Or, les grands modèles de langage généralistes ne sont pas conçus pour le conseil financier personnalisé réglementé. L'AMF, dont la mission est de protéger les épargnants, suit de près ces évolutions. Pour les décideurs du secteur financier, la fenêtre d'opportunité est réelle : proposer des outils IA encadrés, transparents et conformes peut devenir un facteur de différenciation décisif dans les mois à venir.
Questions fréquentes
Que révèle le baromètre AMF 2025 sur l'usage de l'IA par les épargnants ?
Le baromètre AMF 2025, réalisé par l'institut Audirep auprès de 2 120 Français représentatifs entre le 19 septembre et le 3 octobre 2025, montre que les épargnants français sont nombreux à recourir à l'intelligence artificielle pour prendre leurs décisions d'investissement, dans une logique d'autonomie croissante vis-à-vis des circuits de conseil traditionnels.
Quels risques présente l'utilisation de l'IA pour investir ?
Les outils d'IA généralistes ne sont pas conçus pour le conseil financier réglementé et personnalisé. Ils peuvent produire des réponses incomplètes ou inadaptées au profil de risque de l'utilisateur. L'AMF surveille ces pratiques pour protéger les épargnants, notamment face à des produits complexes comme le capital-investissement.
Quel est l'état du marché du capital-investissement en France en 2025 ?
Selon France Invest, 3,1 milliards d'euros ont été levés en capital-investissement en France en 2025, soit une hausse de 8 %. L'accès des particuliers au non-coté progresse significativement, avec des souscriptions en assurance-vie pour des tickets compris entre 100 et 100 000 euros.
Combien de startups IA existe-t-il en France en 2025 ?
Selon le mapping réalisé par France Digitale et Sopra Steria Ventures, la France comptait 1 114 startups actives dans le domaine de l'intelligence artificielle en 2025, franchissant pour la première fois la barre symbolique des 1 000 entreprises.