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French Tech S44 : 41,2 M€ levés, l'IA rafle 91,5 % des fonds

Après une semaine dopée par Pigment, la French Tech retombe à 41,2 M€ sur huit opérations. Six startups d'IA concentrent presque tout, du cinéma génératif aux robots humanoïdes, et deux montants diffèrent selon les sources : lecture d'une semaine d'amorçage.

Veille assistée par IA, sujets choisis, vérifiés et validés par Othmane M. Notre méthode

French Tech S44 : 41,2 M€ levés, l'IA rafle 91,5 % des fonds

Les startups françaises ont levé 41,2 M€ en huit opérations sur la semaine arrêtée au 30 octobre, selon le décompte hebdomadaire de Maddyness. C'est plus de six fois moins que la semaine précédente, où sept opérations avaient totalisé 270,9 M€ grâce au tour de Pigment. Six startups liées à l'IA captent 37,7 M€, soit 91,5 % du total. Aucune opération ne dépasse 10 M€ : c'est une semaine d'amorçage, qui renseigne davantage sur les thèses des fonds que sur la santé du capital-risque.

Combien la French Tech a-t-elle levé cette semaine ?

Le total de 41,2 M€ se répartit ainsi, selon les montants publiés par Maddyness :

  • Inevitable (cinéma et loisirs, IA) : 10 M€, auprès de business angels ;
  • Bageera (énergie, IA) : 10 M€, avec Varsity, Eurazeo, Frst et Banyan Ventures ;
  • Wormsensing (industrie, IA) : 6,5 M€ ;
  • Bleu Robotics (deeptech, IA) : 5 M€ ;
  • AQQI (proptech, IA) : 4 M€ ;
  • Dyameo (medtech) : 3 M€, avec Medevice Capital, NACO, Bpifrance Amorçage Industriel et Obratori ;
  • AIMA (medtech, IA) : 2,2 M€ ;
  • Playa Rent (tourisme) : 500 k€.

Le ticket moyen s'établit à 5,2 M€, selon Maddyness. Il était de 5,9 M€ lors de la semaine 42, que nous avions analysée dans notre récapitulatif de la French Tech S42. Hors des grands tours, le marché reste donc sur des chèques de quelques millions d'euros.

Pourquoi l'IA pèse 91,5 % d'une petite semaine

Le chiffre impressionne, mais il faut le lire avec précaution. Sur une semaine sans grand tour, quelques opérations suffisent à faire basculer le ratio. Surtout, l'étiquette « IA » recouvre des réalités très différentes : un studio de cinéma, un éditeur de logiciel pour robots, une startup immobilière et un fabricant de capteurs industriels.

Le signal utile est ailleurs : l'IA n'est plus un secteur, c'est une couche technique que revendiquent désormais des startups de l'énergie, de l'immobilier ou de l'industrie. Cette tendance prolonge ce que nous observions dans notre analyse sur les 7,3 Md€ levés par l'IA française en 2026. Pour un investisseur, la question devient : quelle part de la valeur tient au modèle d'IA, et quelle part au savoir-faire métier ?

Inevitable : 10 M€ ou 15 M€ pour le cinéma généré par IA ?

Premier écart de la semaine. Maddyness retient 10 M€ levés auprès de business angels, tandis que le site spécialisé Advanced Television annonçait le 26 octobre 15 M€ levés auprès d'investisseurs privés non nommés. Aucune des deux sources ne détaille la composition du tour, et nous n'avons pas trouvé de communiqué de l'entreprise : le montant exact reste à confirmer.

Selon Advanced Television, Inevitable est un studio français fondé en 2025 par Jean Mach, scénariste et producteur. Il vise à produire des films de 100 minutes ou moins en quatre mois pour 250 000 dollars, grâce à une technologie propriétaire. Les fonds doivent financer la technologie, la capacité de production et l'expansion internationale. Le pari est risqué : le modèle dépendra de la qualité perçue par le public et de la sécurité juridique des contenus générés.

Wormsensing : 6,5 M€ en fonds propres, 9,5 M€ au total

Deuxième écart, cette fois explicable. Nordic9 recense pour Wormsensing une série A de 9,5 M€, dont 3 M€ de dette, menée par l'Orano Venture Fund géré par Supernova Invest. Le montant de 6,5 M€ retenu par Maddyness correspond exactement à la part hors dette.

La startup grenobloise développe des capteurs qui analysent les vibrations des machines pour la maintenance prédictive et le contrôle qualité, selon CFNews. Elle a finalisé sa ligne de production industrielle et se déploie en Europe. La présence d'un fonds adossé à Orano illustre l'intérêt des industriels pour les briques de souveraineté industrielle.

Bleu Robotics : former un robot humanoïde en moins d'une heure

C'est le dossier le plus emblématique de la semaine. Bleu Robotics, créée en 2025 à Paris par Benoît Berkoukchi, Jean-Baptiste Mouret et Serena Ivaldi, a levé 5 M€ en pre-seed, mené par Contrarian Ventures et OVNI Capital avec Kvanted, WEPA Ventures, Motier Ventures et l'investisseur Charlie Songhurst, selon Vestbee.

Sur son site officiel, la startup explique que son IA apprend une tâche manuelle à un robot humanoïde en moins d'une heure, à partir de quelques démonstrations, et rappelle que plus de 75 % des tâches industrielles restent réalisées à la main. Vestbee indique que deux grands industriels sont déjà clients, avec de premiers déploiements prévus dans l'automobile et les biens de consommation.

AQQI et les autres : l'amorçage reste actif

AQQI a levé 4 M€ en pre-seed, co-mené par Axeleo Capital et Aquiti, avec Kima Ventures, 50 Partners, Pierre Kosciusko-Morizet et Nicolas Steegmann, selon Nordic9. La startup vise l'achat immobilier, où un acheteur moyen consacre 150 heures et plus de 100 e-mails ou appels à son projet. Testé à Paris, Bordeaux et Marseille, le service prévoit un lancement public en 2027.

Côté santé, Dyameo lève 3 M€ et AIMA 2,2 M€, deux medtechs aux profils distincts. La semaine confirme un point déjà visible dans notre récapitulatif de la semaine 43, dominée par Pigment : hors des grands tours, l'amorçage continue de tourner, porté par les business angels et les fonds régionaux.

Ce que fondateurs et investisseurs doivent retenir

  1. Vérifier les montants : sur deux des huit opérations, les chiffres publiés divergent selon les sources. Avant toute comparaison de valorisation, distinguer fonds propres, dette et subventions.
  2. Relativiser le ratio IA : une part de 91,5 % sur 41,2 M€ dit peu de la dynamique du marché ; suivre plutôt la tendance sur un mois glissant.
  3. Mettre en avant le métier : les tours IA de la semaine visent des usages sectoriels précis, pas des modèles généralistes.
  4. Regarder les industriels : Orano, via son fonds, et les clients de Bleu Robotics montrent que les grands groupes financent ou testent tôt les briques qui les concernent.

Sources : Maddyness, Advanced Television, Nordic9, Vestbee, CFNews, Bleu Robotics. Article rédigé avec l'aide de l'IA selon notre [charte](https://www.shareware.fr/charte-ia). Cet article ne constitue pas un conseil en investissement.

Questions fréquentes

Combien les startups françaises ont-elles levé la semaine du 26 octobre 2026 ?

Selon Maddyness, les startups françaises ont levé 41,2 M€ en huit opérations sur la semaine arrêtée au 30 octobre 2026, avec un ticket moyen de 5,2 M€. C'est nettement moins que la semaine précédente, où sept opérations avaient totalisé 270,9 M€ grâce au tour de Pigment.

Quelle part des levées de la semaine revient à l'IA ?

Six startups liées à l'IA ont levé 37,7 M€, soit 91,5 % des 41,2 M€ de la semaine selon Maddyness. Ce ratio élevé s'explique par l'absence de grand tour hors IA et par une définition large, qui inclut des startups de l'énergie, de l'immobilier, de l'industrie et du cinéma.

Combien a levé Bleu Robotics ?

Bleu Robotics a levé 5 M€ en pre-seed, mené par Contrarian Ventures et OVNI Capital, selon Vestbee. La startup parisienne fondée en 2025 développe une IA qui apprend une tâche industrielle à un robot humanoïde en moins d'une heure, à partir de quelques démonstrations d'opérateur.

Pourquoi les montants de Wormsensing diffèrent-ils selon les sources ?

Nordic9 recense une série A de 9,5 M€ incluant 3 M€ de dette, menée par l'Orano Venture Fund géré par Supernova Invest. Maddyness retient 6,5 M€, ce qui correspond à la part hors dette. Distinguer fonds propres et dette évite de surestimer la taille réelle d'un tour.

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