Pause déjeuner : 46 minutes et 63 % de repas faits maison
L'enquête Ifop pour Edenred sur la pause déjeuner des actifs montre un repas maison majoritaire et un budget serré. Au même moment, la réforme des titres-restaurant avance au Parlement. Ce que cela change pour les marques, les distributeurs et les employeurs.
Veille assistée par IA, sujets choisis, vérifiés et validés par Othmane M. Notre méthode

Mise à jour du 1er novembre 2026 : article réécrit à partir du rapport original. Corrections : l'étude a été réalisée par l'Ifop (et non OpinionWay) pour Edenred, du 10 au 18 mars 2026 ; elle ne dit pas que « 9 actifs sur 10 mangent sur leur lieu de travail » mais que 91 % prennent une pause déjeuner ; la durée moyenne est de 46 minutes (médiane 45). Ajout de la réforme des titres-restaurant adoptée en première lecture le 12 octobre 2026.
63 % des actifs qui prennent une pause déjeuner mangent un repas préparé chez eux, selon l'enquête Ifop pour Edenred sur la pause déjeuner des Français, menée auprès de 2 500 actifs. La pause reste quasi universelle (91 % la prennent) et dure en moyenne 46 minutes, mais elle se raccourcit pour un quart des salariés et coûte souvent moins de 5 €. Pour une marque alimentaire, un distributeur ou un employeur, le moment de décision n'est donc pas le midi : c'est la veille, au supermarché.
Que dit l'enquête Ifop pour Edenred ?
L'enquête a été réalisée en ligne du 10 au 18 mars 2026 auprès d'un échantillon de 2 500 actifs en emploi de 18 ans et plus, représentatif selon la méthode des quotas, avec un suréchantillon dans chaque région. Ses résultats ont été rendus publics en juillet, notamment par CB News le 15 juillet 2026.
Les chiffres clés, selon le rapport :
- 91 % des actifs prennent une pause déjeuner, dont 79 % tous les jours.
- 88 % la jugent nécessaire ou indispensable, 12 % la considèrent comme une perte de temps.
- 46 minutes de durée moyenne (médiane 45 minutes) ; les horaires les plus fréquents sont 12 h 30 (36 %) et 12 h (32 %).
- 26 % disent y consacrer moins de temps qu'auparavant, 18 % davantage, 56 % autant.
- 51 % déjeunent avec des collègues, clients ou prestataires, 35 % seuls et 14 % avec des proches.
Le rapport ne mesure pas le lieu exact du repas (poste de travail, salle de pause ou domicile en télétravail). L'affirmation selon laquelle neuf actifs sur dix mangent « sur leur lieu de travail », reprise dans la version précédente de cet article, n'y figure pas.
Le repas maison domine, surtout dans les petites entreprises
Selon l'enquête, 63 % des actifs qui déjeunent consomment un repas préparé à domicile. Environ un sur six achète un repas à emporter ou en boulangerie, et 7 % seulement mangent assis au restaurant. L'Île-de-France fait exception : c'est la seule région où le repas acheté à l'extérieur est majoritaire.
La taille de l'entreprise pèse lourd. D'après les résultats détaillés par TPE Actu, 76 % des salariés des entreprises de moins de 20 personnes apportent leur repas, contre 56 % dans celles de 100 salariés et plus. L'écart s'explique en partie par l'accès aux titres-restaurant : 19 % des salariés des entreprises de moins de 20 personnes en disposent, contre 39 % à 49 % dans les entreprises de 20 à 4 999 salariés.
Un budget serré : 8,30 € par jour en moyenne
La pause déjeuner est un poste de dépense contenu. Selon le rapport Ifop, les actifs dépensent en moyenne 8,30 € par jour pour leur déjeuner, avec une médiane de 6 €, et 47 % dépensent 5 € ou moins. Les Franciliens dépensent davantage, 9,80 € en moyenne.
Les titres-restaurant changent sensiblement le comportement. 31 % des actifs en disposent ; ils dépensent environ 10 € par jour contre 7,50 € pour les autres, et 25 % d'entre eux achètent leur repas au restaurant contre 11 % des non-bénéficiaires. Parmi les bénéficiaires, 93 % jugent ces titres importants pour leur pouvoir d'achat, et 59 % déclarent qu'ils dépenseraient moins au restaurant s'ils étaient supprimés. Ce contexte de pouvoir d'achat sous tension rejoint ce que montrent les indicateurs de climat des affaires et d'inflation de l'été 2026.
Titres-restaurant : la réforme en cours
Le cadre légal est en train de changer. La proposition de loi visant à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant, déposée par Christophe Naegelen le 9 juin 2026, a été adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 12 octobre 2026, en procédure accélérée, et transmise au Sénat le 13 octobre.
Selon la fiche de suivi de Legiwatch et Echos Plus, le texte voté par les députés prévoit :
- la pérennisation de l'achat de tout produit alimentaire, y compris non directement consommable (pâtes, farine), le régime dérogatoire actuel étant prolongé jusqu'au 31 décembre 2027 ;
- une utilisation tous les jours, dimanches et jours fériés compris ;
- la fin du titre papier au 1er janvier 2028 ;
- pas de plafond différencié : le plafond journalier de 25 € reste le même au restaurant et en commerce alimentaire, les amendements proposant un plafond plus bas pour les commerces ayant été rejetés ;
- une faculté, pour le gouvernement, de plafonner par décret les commissions des émetteurs.
Le texte n'est pas définitif tant que le Sénat ne l'a pas examiné. Près de six millions de salariés sont concernés, selon Echos Plus.
Ce que cela change pour les marques et les distributeurs
Le chiffre de 63 % de repas maison déplace la bataille commerciale. Le choix du déjeuner se fait au moment des courses, la veille ou le week-end, pas à midi. Pour les industriels de l'alimentaire, cela plaide pour des formats faciles à transporter et à réchauffer, des portions individuelles et une communication sur la préparation rapide, plutôt que pour une présence au moment de la pause elle-même.
Pour la grande distribution, la pérennisation des achats en supermarché avec des titres-restaurant, si le Sénat la confirme, sécurise un flux de paiement que l'enquête chiffre indirectement : 31 % des actifs disposent de titres, et leur dépense moyenne est plus élevée. Les opérations en magasin restent le levier le plus direct, comme l'a montré l'activation de P&G dans 1 000 magasins autour du Tour de France.
Pour les restaurateurs, le signal est inverse : avec 7 % de repas pris au restaurant et 59 % des bénéficiaires prêts à y dépenser moins sans titres, la restauration du midi dépend fortement de cet avantage salarié.
Ce que les employeurs et directions marketing doivent retenir
Quelques décisions découlent directement de l'enquête :
- Employeurs : dans les petites entreprises, où 19 % des salariés ont des titres-restaurant, l'avantage repas est un levier d'attractivité peu exploité ; les outils RH comme ceux décrits dans notre article sur la levée de Skello facilitent sa gestion.
- Employeurs : équiper des espaces de pause (réfrigération, réchauffage) répond à la pratique majoritaire du repas maison.
- Marques alimentaires : concentrer l'activation sur les courses de la veille et du week-end, avec des formats adaptés au transport.
- Distributeurs : suivre le texte au Sénat, qui fixera durablement l'usage des titres en magasin et les conditions de commission.
- Tous : citer ces chiffres avec leur périmètre (actifs en emploi de 18 ans et plus, enquête de mars 2026), et non comme une mesure de la population générale.
Sources : Ifop pour Edenred, Assemblée nationale, CB News, TPE Actu, Legiwatch, Echos Plus. Article rédigé avec l'aide de l'IA selon notre [charte](https://www.shareware.fr/charte-ia).
Questions fréquentes
Combien de temps dure la pause déjeuner des actifs en France ?
Selon l'enquête Ifop pour Edenred de mars 2026, la pause déjeuner dure en moyenne 46 minutes, avec une médiane de 45 minutes. 91 % des actifs en prennent une, dont 79 % tous les jours, et 26 % disent y consacrer moins de temps qu'auparavant.
Combien les salariés dépensent-ils pour déjeuner ?
L'enquête Ifop pour Edenred chiffre la dépense moyenne à 8,30 € par jour, avec une médiane de 6 € ; 47 % des actifs dépensent 5 € ou moins. Les bénéficiaires de titres-restaurant dépensent environ 10 €, contre 7,50 € pour les autres, et les Franciliens 9,80 € en moyenne.
Pourra-t-on toujours utiliser les titres-restaurant au supermarché ?
La proposition de loi adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 12 octobre 2026 prolonge l'usage élargi jusqu'au 31 décembre 2027, puis le rend permanent, avec la fin du titre papier au 1er janvier 2028. Le texte doit encore être examiné par le Sénat.
Quelle part des actifs a des titres-restaurant ?
Selon l'enquête Ifop pour Edenred, 31 % des actifs disposent de titres-restaurant. La proportion varie fortement avec la taille de l'entreprise : 19 % dans les entreprises de moins de 20 salariés, entre 39 % et 49 % dans celles de 20 à 4 999 salariés.