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Marketing

Pub française : 29,7 Mds€ grâce à la vidéo connectée et au retail media

Le marché publicitaire français atteint 29,7 milliards d'euros en 2026, soit une progression de 4,9 %. Deux moteurs dominent cette dynamique record : la vidéo connectée et le retail media. Décryptage des tendances que tout dirigeant doit comprendre pour arbitrer ses investissements.

Houda B.

Un record. Le marché publicitaire français devrait clôturer 2026 à 29,7 milliards d'euros, en hausse de 4,9 % sur un an. Derrière ce chiffre se dessinent des lignes de force claires : deux formats publicitaires — la vidéo connectée et le retail media — captent l'essentiel de la dynamique de croissance et redessinent la carte des investissements médias dans l'Hexagone.

La vidéo connectée : la télévision réinventée pour l'ère numérique

La vidéo connectée — diffusée sur les téléviseurs reliés à Internet, via les applications de streaming ou les boîtiers OTT — s'impose désormais comme l'un des formats à la plus forte croissance du marché français. Elle bénéficie d'un effet de ciseau favorable : les audiences télévisées traditionnelles se fragmentent, tandis que le temps passé sur les écrans connectés continue d'augmenter. Pour les annonceurs, l'équation est attractive : la puissance de couverture de la télévision combinée aux capacités de ciblage et de mesure du digital.

Cette convergence pousse les régies historiques à accélérer leur transformation. Des alliances comme celle entre Orange Advertising et SFR autour de l'offre Proximity+ témoignent de la course au scale engagée par les acteurs français pour proposer des inventaires vidéo connectée compétitifs face aux plateformes globales. Le mouvement de consolidation n'en est qu'à ses débuts.

Le retail media : quand les enseignes deviennent médias

Le retail media désigne la commercialisation d'espaces publicitaires par les distributeurs — sur leurs sites, leurs applications, mais aussi en point de vente via les écrans digitaux. En France, ce segment connaît une croissance structurelle portée par la richesse des données first-party que détiennent les enseignes : historiques d'achat, comportements de navigation, données de fidélité. Des actifs que les annonceurs ne peuvent tout simplement pas reproduire par eux-mêmes.

La tendance s'inscrit dans un contexte réglementaire plus contraignant. Depuis le 11 août 2026, aucun consommateur ne peut théoriquement être démarché par téléphone sans consentement préalable, et la donnée third-party s'est raréfiée. Face à cette pression, les budgets migrent logiquement vers des environnements où la donnée est collectée légalement, en contexte d'achat — soit précisément le territoire du retail media.

Ce que cela change pour les décideurs marketing

Pour les directions marketing et les DAF qui arbitrent les budgets, ces deux dynamiques ont des implications concrètes et immédiates. La croissance du marché ne profite pas uniformément à tous les formats : elle se concentre sur quelques leviers spécifiques, au détriment des formats display classiques ou des médias dont la mesure reste insuffisante. Identifier les bons points d'entrée devient un avantage concurrentiel.

  • Réorienter une partie des budgets TV linéaires vers la vidéo connectée pour conserver la couverture tout en gagnant en précision de ciblage.
  • Intégrer le retail media dans le mix média dès la phase de planification, et non comme un complément de dernière minute.
  • Sécuriser une stratégie de données first-party robuste : c'est la condition sine qua non pour activer efficacement ces deux leviers.
  • Exiger des indicateurs de performance unifiés (reach, coût par vente incrémentale) pour comparer vidéo connectée et retail media avec les autres postes du plan média.
  • Anticiper la consolidation du marché : les alliances entre opérateurs et régies (à l'image d'Orange Advertising et SFR) vont réduire le nombre d'interlocuteurs et modifier les conditions d'accès aux inventaires premium.

L'IA comme accélérateur sous-jacent

Il serait réducteur de traiter la vidéo connectée et le retail media comme des phénomènes isolés. Les deux formats sont amplifiés par l'intégration croissante de l'intelligence artificielle dans les outils d'achat médias et de personnalisation créative. En 2026, 85 % des marketeurs utilisent déjà l'IA dans leur pratique quotidienne. L'outil ne suffit pas : c'est l'usage stratégique — modélisation de l'incrémentalité, optimisation des enchères, personnalisation des messages vidéo — qui fera la différence entre les marques qui captent la croissance et celles qui la subissent.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le retail media et pourquoi est-il en forte croissance en 2026 ?

Le retail media désigne les espaces publicitaires commercialisés par les distributeurs (sites, applis, points de vente digitaux) à partir de leurs données clients. Sa croissance est portée par la raréfaction de la donnée third-party et le renforcement des réglementations sur le consentement, qui valorisent les données first-party des enseignes.

En quoi la vidéo connectée diffère-t-elle de la publicité télévisée classique ?

La vidéo connectée est diffusée sur des téléviseurs reliés à Internet et des plateformes de streaming. Elle combine la puissance d'audience de la TV avec les capacités de ciblage et de mesure du digital, permettant des campagnes plus précises et mieux attribuées qu'un spot TV linéaire traditionnel.

Comment le marché publicitaire français se positionne-t-il en Europe ?

Avec 29,7 milliards d'euros et une croissance de 4,9 % en 2026, la France confirme sa place parmi les premiers marchés publicitaires européens. Cette progression, tirée par des formats digitaux premium, témoigne d'une bonne résilience face aux pressions économiques globales.

Quel impact la réglementation sur le démarchage téléphonique a-t-elle sur les stratégies pub ?

Depuis le 11 août 2026, le consentement préalable est obligatoire pour tout démarchage téléphonique. Cette évolution accélère la migration des budgets vers des environnements maîtrisés comme le retail media ou la vidéo connectée, où la collecte de données est plus encadrée et la relation avec le consommateur plus transparente.

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