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Bpifrance Amorçage Industriel 2 : 75 M€ pour industrialiser

Bpifrance a lancé le 5 novembre BAI 2, un fonds de 75 M€ qui succède au premier véhicule de 50 M€. Sa cible : les startups industrielles qui ne font pas de deeptech, les deux tiers du secteur, et qui n'ont capté qu'une petite part des fonds levés. Qui peut y prétendre, et comment s'y préparer.

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Bpifrance Amorçage Industriel 2 : 75 M€ pour industrialiser

Les startups industrielles qui ne relèvent pas de la deeptech représentent environ les deux tiers du secteur en France, mais n'ont capté que 15 % des fonds levés par les startups industrielles entre 2022 et 2025. C'est le constat posé par le communiqué de Bpifrance du 5 novembre 2026, qui annonce Bpifrance Amorçage Industriel 2 (BAI 2), un fonds de 75 M€. Pour un fondateur qui fabrique en France sans technologie de rupture, c'est un guichet en fonds propres taillé pour l'étape la plus risquée : passer du prototype à la série.

Que finance Bpifrance Amorçage Industriel 2 ?

Selon le communiqué, BAI 2 vise les startups qui développent des produits ou des procédés différenciants, destinés à des marchés déjà identifiés, et qui veulent produire ou faire produire en France. Elles doivent avoir achevé une première phase de recherche et développement, disposer de prototypes ou de premières séries, et entrer en phase d'industrialisation et d'accélération commerciale.

D'après le communiqué, le fonds prend des participations minoritaires, en fonds propres et quasi fonds propres, aux côtés d'investisseurs institutionnels et privés. Les investissements initiaux vont de 500 000 euros à 2 millions d'euros, et Bpifrance vise plus de vingt nouvelles sociétés sur la période d'investissement. L'équipe compte six professionnels, dirigée par Raphaël Didier, directeur du pôle Amorçage Industriel.

Les secteurs cités sont la mobilité et la logistique, l'énergie, l'économie circulaire, les matériaux, l'agri agro, la santé, les biens de consommation et les équipements industriels.

Qu'est-ce qu'une startup industrielle « non deeptech » ?

La distinction est centrale. Bpifrance définit ces entreprises comme celles qui développent des innovations incrémentales plutôt que des technologies de rupture. Les startups déjà financées par le premier fonds en donnent une idée : des ingrédients végétaux pour la boulangerie, des avions légers en fibre de carbone ou des automates de laboratoire, plutôt que des percées scientifiques.

Selon le communiqué, ces startups sont plus de 2 300 sociétés actives en France. Elles ne pèsent que 15 % des fonds levés par les startups industrielles de 2022 à 2025, mais représentent 59 % des inaugurations d'usines de startups sur la même période. C'est tout le paradoxe que le fonds veut traiter : ce sont elles qui ouvrent des sites de production, mais les fonds de capital risque leur préfèrent la deeptech, au potentiel de rendement jugé plus élevé.

Pour la deeptech, d'autres dispositifs existent déjà : nous les avions recensés dans notre guide des 7 dispositifs publics pour la deeptech.

Quel bilan pour le premier fonds de 50 M€ ?

Le premier fonds a été lancé en avril 2023 avec 50 millions d'euros, comme le rappelait le portrait publié par Maddyness en 2025. Selon Bpifrance, l'équipe a examiné plus de 1 000 projets, en a rencontré plus de 400 et a investi dans quinze startups industrielles.

Parmi elles figurent Elixir Aircraft (avions légers en fibre de carbone), Yumgo (ingrédients végétaux pour la boulangerie et la pâtisserie), Cellaven (automates de culture cellulaire), Battri, Isybot, Bluenav ou K Motors. Le fonds a travaillé avec plus de 50 fonds partenaires et investisseurs privés, et chaque euro investi aurait mobilisé en moyenne 4 euros de capitaux privés, toujours selon le communiqué.

Le bilan n'est pas sans échec. Maddyness rappelle qu'Angell, présente au portefeuille, a été placée en redressement judiciaire en janvier 2025. Raphaël Didier l'assume : « Comme dans tout investissement en capital-risque, il faut accepter un taux de défaillance ».

Qu'est-ce qui change avec BAI 2 ?

Peu de choses sur le fond, beaucoup sur la capacité, selon le gérant. « Ce qui change, c'est la taille du fonds. Les paramètres et la thèse d'investissement ne changent pas », explique Raphaël Didier à Maddyness. Le fonds passe de 50 à 75 M€, et l'ensemble des deux véhicules porte les moyens à 125 M€.

Selon Maddyness, l'équipe vise entre 20 et 25 nouvelles participations en quatre à cinq ans, dans des tours de table d'environ 1,5 à 15 millions d'euros. Le communiqué parle plus prudemment de « plus de vingt » sociétés et ne précise pas la durée. Il faut donc retenir un ordre de grandeur, calculé par Shareware : quatre à six nouvelles entreprises financées par an.

BAI 2 intervient en complément des autres fonds de Bpifrance, cités dans le communiqué : SPI (Société de projets industriels), Greentech Venture et Deeptech Venture. Elixir Aircraft illustre cette chaîne : soutenue en amorçage par BAI, elle a levé 45 millions d'euros en juillet dans un tour mené par le fonds SPI, géré pour l'État dans le cadre de France 2030, selon le communiqué d'Elixir Aircraft du 2 juillet 2026. L'avionneur vise une capacité de cinq avions par mois.

Combien de startups pourront réellement en bénéficier ?

Le calcul est simple et sévère. Selon les chiffres de Bpifrance, plus de 2 300 startups industrielles non deeptech sont actives, et le fonds en financera un peu plus de vingt. Au premier fonds, quinze dossiers ont été retenus sur plus de 1 000 examinés, soit environ 1,5 % (calcul Shareware).

BAI 2 n'est donc pas un guichet ouvert mais un investisseur sélectif, qui joue surtout un rôle de signal : sa présence au capital partage le risque industriel et aide à convaincre des investisseurs privés. Raphaël Didier souligne, dans le communiqué, la capacité des investisseurs privés à se mobiliser lorsque ce risque industriel est partagé.

Le contexte de financement reste tendu pour les startups industrielles, qui cumulent selon lui des enjeux d'industrialisation, de certification et de commercialisation. Le fonds public ne remplace pas un tour complet : il en sécurise une partie.

Ce que les fondateurs industriels doivent faire maintenant

Pour une startup qui pense entrer dans la cible, quatre étapes concrètes :

  1. Vérifier le stade : un prototype fonctionnel ou de premières séries, un marché identifié avec des premiers clients ou des lettres d'intention, et un projet de production en France.
  2. Construire le plan d'industrialisation chiffré : coût de la ligne pilote, sous traitants, certifications à obtenir, besoin en fonds de roulement. C'est ce que regarde un fonds d'amorçage industriel avant la technologie.
  3. Préparer un tour mixte : avec des tickets initiaux de 0,5 à 2 M€ en position minoritaire, BAI 2 suppose d'autres investisseurs. Business angels industriels, fonds régionaux et dispositifs non dilutifs se combinent, comme le détaille notre guide du financement non dilutif.
  4. Prendre contact avec l'équipe du pôle Amorçage Industriel de Bpifrance dès que le tour se structure : comme la plupart des fonds de capital risque, BAI 2 étudie les dossiers qui lui sont présentés, sans calendrier de candidature publié.

Pour situer ce fonds dans l'effort public plus large en faveur du capital risque, voir aussi notre article sur la manière dont Tibi 3 irrigue les startups. Cet article informe sur un dispositif de financement et ne constitue pas un conseil en investissement.

Sources : Bpifrance, Elixir Aircraft, Maddyness. Article rédigé avec l'aide de l'IA selon notre [charte](https://www.shareware.fr/charte-ia).

Questions fréquentes

Quel montant peut investir Bpifrance Amorçage Industriel 2 dans une startup ?

Selon le communiqué de Bpifrance du 5 novembre 2026, les investissements initiaux de BAI 2 vont de 500 000 euros à 2 millions d'euros, en participations minoritaires, en fonds propres ou quasi fonds propres. Le fonds intervient toujours aux côtés d'autres investisseurs, institutionnels ou privés, et peut réinvestir ensuite.

Quelles startups sont éligibles au fonds BAI 2 ?

BAI 2 cible les startups industrielles non deeptech, qui développent des innovations incrémentales plutôt que des technologies de rupture. Elles doivent avoir des prototypes ou de premières séries, viser un marché déjà identifié et vouloir produire ou faire produire en France. Mobilité, énergie, matériaux, santé ou biens de consommation font partie des secteurs cités.

Quelle différence entre BAI 2 et le fonds SPI de Bpifrance ?

BAI 2 intervient en amorçage, au moment où une startup passe du prototype aux premières séries, avec des tickets de 0,5 à 2 M€. SPI, la Société de projets industriels, finance des étapes plus avancées et des montants plus élevés. Elixir Aircraft a par exemple été soutenue par le premier fonds BAI avant une levée de 45 M€ menée par SPI.

Combien de startups le fonds BAI 2 va-t-il financer ?

Bpifrance annonce plus de vingt nouvelles sociétés sur la période d'investissement. Selon Maddyness, l'équipe vise 20 à 25 participations en quatre à cinq ans. C'est peu au regard des plus de 2 300 startups industrielles non deeptech actives en France : le premier fonds avait retenu quinze dossiers sur plus de 1 000 examinés.

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