Naboo rachète pro-ven : 300 M$ de dépenses événementielles gérées
Huit mois après sa Série B, la scale-up parisienne Naboo s'offre le britannique pro-ven et revendique 300 M$ de dépenses événementielles gérées. Un rachat qui montre comment les startups B2B françaises transforment leurs levées en parts de marché à l'étranger.
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Naboo, la scale-up parisienne de l'organisation d'événements d'entreprise, a annoncé le 27 octobre 2026 le rachat du britannique pro-ven, pour un montant non communiqué. Selon Maddyness, l'ensemble gère désormais 300 M$ de dépenses événementielles. Huit mois après une Série B, la startup choisit d'acheter des clients et une présence locale plutôt que de les construire. Un mouvement qui dit beaucoup de la manière dont les startups B2B françaises utilisent désormais leurs levées.
Que rachète Naboo exactement ?
pro-ven est un spécialiste britannique fondé en 2005, qui accompagne de grands groupes dans la recherche de lieux et de prestataires, la négociation des tarifs, les circuits de validation et la facturation centralisée, selon EU-Startups. Son site officiel présente un service de recherche de lieux sans coût pour le client et cite des références comme Travelport ou The Gap Partnership, qui a signé un contrat initial de trois ans à partir de 2025.
pro-ven devient le siège britannique de Naboo. Son fondateur et directeur général, Julian Laxon, reste en poste pour piloter l'expansion au Royaume-Uni. D'après The Business Travel Magazine, les clients de pro-ven conservent leurs équipes de compte et leurs conditions commerciales, et accèdent à la plateforme technologique de Naboo. Le prix de l'opération n'a pas été rendu public.
Où en est Naboo après sa Série B ?
Naboo a levé 70 M$ en février 2026, une Série B menée par Lightspeed Venture Partners avec Notion Capital, ISAI et Ternel, selon Maddyness en février. EU-Startups chiffre le tour à 58,7 M€. La startup avait levé 20 M€ en janvier 2025 et réalisé 17 M€ de chiffre d'affaires en 2025, avec l'objectif de le tripler en 2026.
Sur sa page de présentation, Naboo revendique plus de 5 000 entreprises clientes, des bureaux dans huit villes dont Paris, Londres, New York, Singapour et Shanghai, et un volume de réservations de 60 M€ en 2025, avec un objectif supérieur à 100 M€ en 2026. L'entreprise y affirme que les trois quarts des sociétés du CAC 40 l'utilisent. En février, Maddyness rapportait qu'environ un quart du CAC 40 travaillait avec elle sous contrat exclusif : les deux chiffres ne mesurent pas la même chose.
Pourquoi racheter plutôt que recruter au Royaume-Uni ?
Naboo avait déjà ouvert un bureau à Londres en 2025, avec des clients comme KPMG et HSBC, selon EU-Startups. Le rachat apporte autre chose : un portefeuille de grands comptes, des relations fournisseurs bâties en vingt ans et une équipe opérationnelle déjà rodée. Dans l'événementiel d'entreprise, le marché se gagne par contrats cadres avec les directions achats, souvent sur plusieurs années. Acheter un acteur installé revient à acheter du temps.
La startup applique une recette qu'elle connaît : selon Maddyness, elle avait déjà racheté la plateforme Bizmeeting, lancée par Privateaser, en 2024. Son fondateur Maxime Eduardo résume l'ambition : « Le futur leader de la gestion des achats événementiels sera un pure player ». Le message vise les agences de voyages d'affaires, pour qui l'événementiel reste une activité annexe.
Que révèle l'opération sur le marché de l'événementiel d'entreprise ?
Selon Maddyness, le marché mondial des réunions et événements d'entreprise pèse près de 400 Md$, très fragmenté et peu numérisé. C'est le terrain classique d'une stratégie de consolidation : beaucoup d'acteurs de taille moyenne, des clients qui veulent un interlocuteur unique dans plusieurs pays, et un avantage à la taille pour négocier avec les lieux et les hôtels.
EU-Startups replace l'opération dans une série de mouvements du secteur, dont le rachat de Reed & Mackay par Navan et l'acquisition d'Amex GBT par Long Lake. Naboo, qui vise plus de 1 Md$ de volume d'affaires d'ici 2027, joue donc la course à la taille face à des acteurs du voyage d'affaires beaucoup plus gros. En février, Maddyness faisait état d'un volume de 150 M$ : le rachat de pro-ven contribue à porter le total à 300 M$ de dépenses gérées, même si les indicateurs publiés ne sont pas strictement comparables.
Le service assisté par logiciel, nouveau modèle des scale-ups B2B ?
Maxime Eduardo assume un positionnement hybride. « We are a service company », déclare-t-il à The Business Travel Magazine, en décrivant un modèle de service porté par le logiciel. L'idée : la technologie absorbe la complexité opérationnelle, les équipes se concentrent sur la relation client. Naboo revendique une économie moyenne de 12 % par événement pour ses clients, selon EU-Startups, un chiffre déclaratif non audité.
Ce modèle explique la logique du rachat. Une entreprise de pur logiciel achète du code ou des utilisateurs. Une entreprise de service outillé achète des équipes, des clients et des savoir-faire, puis les fait passer sur sa plateforme. C'est aussi un pari d'intégration : pro-ven fonctionne avec un service sans coût pour le client, Naboo met en avant des prix transparents sans frais cachés. Faire converger les deux modèles commerciaux sera un test. Ce type de croissance externe rejoint ce que nous observions dans French Tech Next40/120 2026 : lever ne suffit plus.
Ce que les fondateurs et investisseurs doivent retenir
Le cas Naboo montre qu'une Série B peut aussi servir à acheter des parts de marché, et pas seulement à recruter. Les grands tours de l'automne, comme la levée de 250 M$ de Pigment, donnent aux scale-ups françaises les moyens de ce type d'opération. Pour les startups qui préparent leur tour, quelques enseignements :
- Prévoir la croissance externe dans le plan de financement : les fonds regardent si une partie de la levée peut servir à acheter des parts de marché à l'étranger.
- Cibler des acteurs anciens et rentables dans des marchés fragmentés : portefeuille clients et relations fournisseurs valent souvent plus que la technologie.
- Garder le dirigeant de la cible pendant l'intégration, comme Naboo avec Julian Laxon, pour sécuriser les clients.
- Publier des indicateurs cohérents : volume de réservations, dépenses gérées et chiffre d'affaires ne se comparent pas, et les investisseurs le voient vite.
- Anticiper la due diligence des grands comptes, attentifs à la continuité de service après un rachat.
Ces critères recoupent ceux que les fonds appliquent déjà en amont, détaillés dans VC français 2026 : comment passer le filtre des 3-5 %. Prochain signal à surveiller : la part du chiffre d'affaires réalisée hors de France dans les prochains comptes de Naboo.
Sources : Naboo, pro-ven, Maddyness, EU-Startups, The Business Travel Magazine. Article rédigé avec l'aide de l'IA selon notre [charte](https://www.shareware.fr/charte-ia).
Questions fréquentes
Combien Naboo a-t-il payé pour racheter pro-ven ?
Le montant n'a pas été communiqué. Naboo et pro-ven ont annoncé l'opération le 27 octobre 2026 sans dévoiler de prix. On sait seulement que Naboo avait levé 70 M$ en février 2026 lors d'une Série B menée par Lightspeed Venture Partners, ce qui lui donne les moyens de financer de la croissance externe.
Qu'est-ce que Naboo ?
Naboo est une scale-up parisienne qui propose une plateforme pour réserver, gérer et payer les événements d'entreprise : séminaires, conférences, voyages incentive. Fondée par Maxime Eduardo, Antoine Servant, Lucien Bredin et Jean-Louis Villeminot, elle a réalisé 17 M€ de chiffre d'affaires en 2025 selon Maddyness et revendique plus de 5 000 entreprises clientes.
Que deviennent les clients de pro-ven après le rachat ?
Selon The Business Travel Magazine, les clients de pro-ven conservent leurs équipes de compte et leurs conditions commerciales existantes, tout en accédant à la plateforme technologique de Naboo. Julian Laxon, fondateur et directeur général de pro-ven, reste en poste pour piloter le développement de Naboo au Royaume-Uni.