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Calogena : près de 100 M€ pour son réacteur nucléaire à chaleur

Snef, la Banque des Territoires et le fonds Deep Tech 2030 entrent au capital de Calogena, filiale du groupe Gorgé, après une aide France 2030 de 48 M€. Ce que finance ce tour, où en est le petit réacteur CAL30 et ce que le montage enseigne aux deeptech industrielles.

Veille assistée par IA, sujets choisis, vérifiés et validés par Othmane M. Notre méthode

Calogena : près de 100 M€ pour son réacteur nucléaire à chaleur

Mise à jour du 1er novembre 2026 : article réécrit et vérifié auprès des communiqués officiels. Corrections : le tour de table de Calogena a été annoncé le 17 avril 2026 (et non en septembre) ; son montant n'est pas public, seul le cumul de près de 100 M€ l'est ; le groupe Gorgé, actionnaire majoritaire, réinvestit ; l'aide de 48 M€ de France 2030 combine subventions et avances remboursables. Les chiffres de contexte sans source (ticket médian de 3,8 M€, « record » de 6 Md€, Scale Up Europe Fund) sont retirés.

Calogena, filiale du groupe Gorgé qui conçoit un petit réacteur nucléaire destiné aux réseaux de chaleur urbains, a porté son financement total à près de 100 M€ en avril 2026. Selon le communiqué commun du 17 avril 2026, le groupe Snef, la Banque des Territoires et le fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l'État, entrent au capital, aux côtés du groupe Gorgé qui reste majoritaire et réinvestit. Pour un dirigeant, ce dossier montre comment se finance une deeptech industrielle quand le capital-risque seul ne suffit pas.

Qui finance Calogena et pour quel montant ?

Le communiqué ne donne pas le montant de l'augmentation de capital. Il précise que l'opération porte le financement total de l'entreprise à près de 100 M€, en comptant l'aide publique annoncée un mois plus tôt. Trois nouveaux actionnaires font leur entrée :

  • Groupe Snef, spécialiste des services industriels et du nucléaire, qui revendique 16 000 collaborateurs ;
  • Banque des Territoires, branche de la Caisse des Dépôts dédiée au développement des territoires ;
  • le fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l'État dans le cadre de France 2030.

Le groupe Gorgé, qui compte 3 500 collaborateurs selon le même communiqué, reste l'actionnaire majoritaire de Calogena, créée en 2021. Le tour réunit donc un actionnaire industriel historique, un industriel des métiers du nucléaire, et deux investisseurs publics.

Le soutien de France 2030 : 48 M€ annoncés le 10 mars

L'aide publique a précédé la levée. Le 10 mars 2026, lors du sommet sur l'énergie nucléaire, l'État a annoncé un soutien de 48 M€ à Calogena, selon le communiqué d'avril. Le communiqué de France 2030 du 11 mars présente Calogena comme l'un des deux premiers lauréats de la seconde phase de l'appel à projets « nouveaux réacteurs innovants », avec Jimmy Energy, et précise que ces financements prennent la forme de subventions et d'avances remboursables.

Ce n'est pas un premier soutien. Calogena faisait partie des 11 projets retenus en 2023 dans la première phase de l'appel à projets, dotée de 129,8 M€ selon le même document. L'État y ajoute 27,8 M€ pour l'appui technique du CEA aux porteurs de projets, et revendique plus de 180 M€ d'investissements mobilisés au total.

À quoi sert le réacteur calogène ?

Le projet ne vise pas à produire de l'électricité. Selon France 2030, Calogena développe des réacteurs modulaires calogènes d'environ 30 MW thermiques, conçus pour fournir de la chaleur décarbonée à des réseaux urbains, avec une température de sortie de 70 à 110 °C. Le réacteur, appelé CAL30, fonctionne à basse pression et basse température, d'après World Nuclear News, ce qui le distingue des petits réacteurs électrogènes.

Le calendrier annoncé est ambitieux. Calogena vise un déploiement dès 2030, selon le communiqué d'avril. En août 2025, World Nuclear News indiquait que le CAL30 était à l'étape 3 (pré-instruction) de l'examen de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, parmi quatre projets de petits réacteurs suivis.

Cadarache, premier site envisagé

Le projet avance aussi sur le terrain. Le CEA a signé avec Calogena une lettre d'intention pour étudier l'implantation d'un CAL30 sur son centre de Cadarache, avec un raccordement possible au réseau de chaleur du site, selon World Nuclear News. Le 6 mai 2026, la Commission nationale du débat public a désigné deux garants pour la concertation préalable sur la création de ce réacteur dédié à la production de chaleur, à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône).

Cette étape compte pour un projet nucléaire : la concertation publique conditionne l'acceptabilité locale et précède les demandes d'autorisation. Ni le coût du réacteur ni sa date de mise en service ne figurent dans la décision de la CNDP.

Pourquoi ce montage de financement est instructif

Le dossier Calogena illustre un schéma en trois étages, typique de la deeptech à forte intensité capitalistique. D'abord l'aide publique (subventions et avances remboursables), qui finance le risque technologique. Ensuite les fonds publics en capital (Deep Tech 2030, Banque des Territoires), qui accompagnent la sortie du laboratoire. Enfin un industriel de la filière (Snef), qui apporte un savoir-faire de chantier et un débouché.

Le communiqué fixe trois usages aux fonds : finaliser la conception du réacteur, lancer l'industrialisation des composants clés pour une première série en France, et préparer l'export, en ciblant l'Europe du Nord et l'Europe centrale. Ce découpage correspond aux étapes que décrivent nos analyses sur le financement de la deeptech française et sur le programme Tibi 3, qui vise justement à orienter l'épargne vers ces phases de croissance.

Ce que les dirigeants doivent retenir

Pour un fondateur de deeptech industrielle comme pour un investisseur, quelques enseignements se dégagent :

  1. Combiner aide non dilutive et capital : les subventions et avances remboursables de France 2030 ont précédé la levée et réduit le risque pour les investisseurs entrants. Notre guide des dispositifs de financement non dilutif détaille les options accessibles.
  2. Faire entrer un industriel tôt : un acteur comme Snef apporte une crédibilité d'exécution que les fonds seuls ne donnent pas.
  3. Anticiper le réglementaire et le public : pré-instruction auprès de l'autorité de sûreté et concertation publique avancent en parallèle du financement, et pèsent sur le calendrier.
  4. Suivre les jalons plutôt que les montants : pour juger le projet, la conclusion de la concertation à Cadarache et l'avancement de l'instruction de sûreté diront davantage que le cumul de 100 M€.

Sources : Calogena, Groupe Snef, Banque des Territoires, Bpifrance, France 2030, CNDP, World Nuclear News. Article rédigé avec l'aide de l'IA selon notre [charte](https://www.shareware.fr/charte-ia).

Questions fréquentes

Combien Calogena a-t-elle levé ?

Le montant de l'augmentation de capital annoncée le 17 avril 2026 n'est pas public. Selon le communiqué commun, l'opération porte le financement total de Calogena à près de 100 M€, en incluant l'aide France 2030 de 48 M€ annoncée le 10 mars 2026.

Qui sont les actionnaires de Calogena ?

Le groupe Gorgé reste l'actionnaire majoritaire et réinvestit. Le groupe Snef, la Banque des Territoires et le fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l'État dans le cadre de France 2030, sont entrés au capital en avril 2026.

Qu'est-ce que le réacteur CAL30 de Calogena ?

C'est un petit réacteur modulaire calogène d'environ 30 MW thermiques, conçu pour alimenter des réseaux de chaleur urbains en chaleur décarbonée, avec une température de sortie de 70 à 110 °C selon France 2030. Il ne produit pas d'électricité et vise un déploiement dès 2030.

Où sera construit le premier réacteur Calogena ?

Le premier site étudié est le centre CEA de Cadarache, à Saint-Paul-lès-Durance. Le CEA a signé une lettre d'intention avec Calogena, et la Commission nationale du débat public a désigné le 6 mai 2026 deux garants pour la concertation préalable sur ce projet.

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