Baromètre France Digitale EY 2026 : le mur de la série B
Publié le 8 septembre, le baromètre 2026 de France Digitale et EY décrit un écosystème qui grossit, embauche et lève davantage, mais bute sur le financement de croissance. Chiffres vérifiés à la source et lecture pour les dirigeants qui préparent une levée.
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Mise à jour du 23 octobre 2026 : corrections. Notre version précédente attribuait à la deeptech un recul de 31 % en 2026, à 2,8 milliards d'euros (ces chiffres concernent 2024), datait Tibi 3 de début 2026 (annonce du 19 juin 2026) et citait des montants d'investissement dans l'IA sans source vérifiable. Article réécrit à partir du baromètre lui-même.
Le baromètre 2026 de l'écosystème d'innovation français, publié par France Digitale et EY le 8 septembre 2026, livre un message double. L'écosystème n'a jamais été aussi large, avec près de 18 000 startups et 530 000 emplois directs. Mais 72 % des fonds de capital-risque interrogés reconnaissent ne plus pouvoir suivre leurs participations à partir de la série B, faute de moyens. Pour un dirigeant, le risque n'est plus de lever un premier tour : c'est de trouver qui financera le suivant.
Que mesure le baromètre France Digitale x EY ?
L'enquête a été menée du 7 mai au 28 juillet 2026 auprès de 255 startups, 39 fonds de capital-risque, 45 structures d'accompagnement et 21 grands groupes, selon le communiqué d'EY. C'est donc un sondage déclaratif, à lire comme un baromètre d'intentions et de perceptions, pas comme un recensement exhaustif des opérations.
Le document est aussi disponible sur la page de France Digitale consacrée au baromètre. Les deux sources reprennent les mêmes chiffres clés.
Un écosystème qui grandit et recrute
Selon le baromètre, la France compte près de 18 000 startups, soit environ 1 800 de plus que lors de l'édition précédente, et 56 % d'entre elles sont installées hors d'Île-de-France. Elles emploient environ 530 000 personnes en direct, avec 30 000 créations nettes d'emplois en un an, soit une hausse de 6 %.
La dynamique d'embauche reste forte : 78,5 % des startups interrogées prévoient de recruter dans les douze mois. D'après la synthèse détaillée d'EY, le chiffre d'affaires global des startups françaises a progressé de 44 % en 2025, avec une trajectoire de rentabilité qui se confirme. Point de vigilance, le chiffre d'affaires réalisé en Europe hors de France a reculé de 2 %.
Des levées en hausse, mais concentrées
Au premier semestre 2026, les startups françaises ont levé 4,58 milliards d'euros, contre 2,78 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 65 % en valeur, selon le baromètre. Le nombre d'opérations recule pourtant de 10 %, à 280 tours, et le ticket moyen dépasse 16 millions d'euros. Ces chiffres rejoignent ceux du baromètre EY du capital-risque du premier semestre, qui relève que sept opérations de plus de 100 millions d'euros pèsent près de la moitié du montant levé.
La comparaison européenne relativise la performance : sur la même période, le Royaume-Uni a levé 14,59 milliards d'euros et l'Allemagne 5,92 milliards. Nous détaillons cet écart dans notre analyse du premier semestre de la French Tech.
Pourquoi la série B devient le goulet d'étranglement
Le chiffre le plus lourd du baromètre concerne les fonds : 72 % des fonds interrogés se disent contraints à partir du stade de la série B, faute de moyens financiers suffisants, selon EY. Concrètement, beaucoup de fonds français savent amorcer et financer une série A, mais n'ont pas la taille pour réinvestir massivement quand une participation doit lever plusieurs dizaines de millions.
Le baromètre pointe aussi le manque de sorties, par rachat ou introduction en bourse, qui limite le recyclage des capitaux. C'est précisément ce trou que la troisième phase de l'initiative Tibi cherche à combler en orientant l'épargne des assureurs vers des fonds de croissance, comme nous l'expliquons dans notre article sur le fonctionnement de Tibi 3.
Où vont les fonds : IA, deeptech, défense
Selon le baromètre, 78 % des fonds interrogés investissent dans l'intelligence artificielle, et le logiciel et l'IA captent l'essentiel des financements, devant la fintech et les sciences de la vie. La deeptech reste la première priorité des investisseurs pour 2026 et 2027.
La défense « croît de 6 points dans leurs stratégies d'investissement par rapport à 2025 », écrivent France Digitale et EY, et le spatial progresse. Le document ne précise pas la base exacte de ces 6 points. La robotique et le quantique sont jugés sous-pondérés au regard des atouts français. Côté spatial, la levée de Univity, startup spatiale toulousaine illustre ce regain d'intérêt.
La souveraineté, un argument commercial chiffré
Le volet grands groupes est le plus utile pour les startups B2B. Selon le baromètre, 90 % des grands groupes interrogés considèrent leur dépendance à certains fournisseurs étrangers comme un risque, mais 65 % ne savent pas quelle part de leurs dépenses numériques part vers des acteurs non européens. Surtout, 76 % se disent prêts à basculer vers une solution française ou européenne à performance égale ou supérieure.
Côté startups, 43 % placent en tête une commande publique plus souveraine et innovante parmi les mesures attendues, 26 % la promotion des solutions françaises et européennes, et 20 % l'allègement de la charge fiscale et réglementaire.
Ce que les dirigeants doivent faire maintenant
- Préparer la série B dès la série A : identifiez tôt les fonds de croissance, français ou étrangers, capables de mener un tour de plusieurs dizaines de millions, puisque la majorité des fonds d'amorçage ne suivra pas.
- Chiffrer l'argument souverain : avec 76 % des grands groupes prêts à changer de fournisseur à performance égale, une preuve de performance comparée vaut plus qu'un discours.
- Regarder les secteurs en hausse : défense, spatial et deeptech gagnent du terrain dans les thèses des fonds.
- Diversifier hors de France avec méthode : le recul de 2 % du chiffre d'affaires européen hors France montre que l'expansion continentale ne va pas de soi.
Sources : France Digitale, EY. Article rédigé avec l'aide de l'IA selon notre [charte](https://www.shareware.fr/charte-ia).
Questions fréquentes
Quand le baromètre France Digitale x EY 2026 a-t-il été publié ?
Le baromètre 2026 de l'écosystème d'innovation français a été publié par France Digitale et EY le 8 septembre 2026. L'enquête a été menée du 7 mai au 28 juillet 2026 auprès de 255 startups, 39 fonds de capital-risque, 45 structures d'accompagnement et 21 grands groupes.
Combien les startups françaises ont-elles levé au premier semestre 2026 ?
Selon le baromètre France Digitale x EY, les startups françaises ont levé 4,58 milliards d'euros au premier semestre 2026, contre 2,78 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 65 %. Le nombre d'opérations a reculé de 10 %, à 280 tours, et le ticket moyen dépasse 16 millions d'euros.
Pourquoi les VC français bloquent-ils à la série B ?
72 % des fonds interrogés se disent contraints à partir de la série B faute de moyens financiers suffisants. Beaucoup de fonds français ont la taille pour amorcer ou mener une série A, mais pas pour réinvestir des dizaines de millions. Le manque de sorties limite aussi le recyclage des capitaux.
Que dit le baromètre sur la souveraineté numérique ?
90 % des grands groupes interrogés voient leur dépendance à certains fournisseurs étrangers comme un risque et 76 % basculeraient vers une solution française ou européenne à performance égale ou supérieure. Côté startups, 43 % demandent en priorité une commande publique plus souveraine et innovante.
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