Gallium Defense lève 7,1 M€ pour un radar anti-drones à bas coût
Sept mois après sa création, la startup parisienne Gallium Defense sort de l'ombre avec un seed de 7,1 M€ mené par un fonds européen dédié à la défense. Son pari : faire de la détection de drones un équipement de série, vendu par centaines aux sites sensibles.
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La détection de drones change d'échelle, et les investisseurs suivent. Gallium Defense, fondée à Paris en avril 2026, a annoncé le 3 novembre un tour de seed de 7,1 M€ mené par Keen Venture Partners et 360 Capital, avec Omnes Capital et Polytechnique Ventures, selon le communiqué de Gallium Defense diffusé le 3 novembre. Le montant est élevé pour une société de sept mois qui n'a pas encore ouvert ses commandes. Il dit surtout une chose : les fonds européens parient désormais sur des équipements de défense conçus pour le volume, pas pour la pièce unique.
Qui a investi dans Gallium Defense, et combien ?
Le tour de 7,1 M€ est co-mené par deux investisseurs aux profils complémentaires. Keen Venture Partners, basé à Amsterdam, gère un fonds spécialisé défense et sécurité. 360 Capital est un investisseur généraliste du capital-risque européen. Omnes Capital et Polytechnique Ventures complètent le tour, selon le communiqué. Les fonds doivent financer l'industrialisation, le renforcement de l'équipe, l'entraînement des modèles d'IA embarqués et des démonstrations mensuelles.
La présence de Keen n'est pas anodine. Selon l'annonce relayée par Vestbee en novembre 2025, son fonds européen défense et sécurité a réalisé un premier closing à 150 M€, avec 40 M€ chacun du Fonds européen d'investissement et du fonds de pension néerlandais PME. Il vise des tickets de 1 à 10 M€ dans plus de 25 entreprises de pays européens membres de l'OTAN. Gallium Defense en est un cas d'école.
Que fait le radar GDS-10 ?
Le produit s'appelle GDS-10. Selon le communiqué, c'est un radar 3D à antenne active (AESA) en bande X, défini par logiciel et intégrant l'IA, décliné en deux versions : l'une pour les opérateurs d'infrastructures critiques, l'autre pour les armées. Les performances annoncées :
- détection des drones de classe 1 et des drones FPV jusqu'à 10 km ;
- couverture de 360° en azimut et de 90° en élévation, sans angle mort ;
- suivi simultané de plusieurs cibles, y compris en essaim ;
- fonctionnement de jour comme de nuit, par tous les temps, et adaptable aux environnements brouillés.
Ces performances restent à confirmer hors conditions contrôlées. Selon l'article de Tech.eu du 2 novembre, la détection à 10 km a été obtenue en conditions contrôlées, et les premières commandes commerciales sont attendues au premier trimestre 2027.
La thèse : 80 % du besoin pour 20 % du prix
Le positionnement tient en une question posée par le PDG Eric Fournier dans le communiqué : « how do you meet 80% of the need at 20% of the price? ». Plutôt que de développer chaque composant, Gallium Defense assemble des composants du commerce (COTS) et de l'informatique embarquée. Le directeur des opérations Robin Mandel résume : « Our radars are designed to be manufactured and deployed by the hundreds, not one at a time ».
Selon Tech.eu, l'entreprise affirme diviser par plus de dix le coût unitaire de ses éléments d'antenne, un chiffre qu'elle seule avance à ce stade. Elle ne cherche pas à vendre en direct aux états-majors : son plan est d'être intégrée par les grands maîtres d'œuvre de la défense. Cinq protocoles d'accord seraient en discussion, toujours selon Tech.eu.
Une équipe issue du conseil et de l'industrie de défense
Les trois fondateurs se sont connus au Boston Consulting Group. Selon le portrait publié par Consultor le 21 octobre, Eric Fournier a passé 17 ans dans le conseil, Robin Mandel est passé par Safran et Thales, et Florian Lemoine, polytechnicien, par la DGA et l'OTAN. Eric Fournier y pose le diagnostic qui fonde l'entreprise : « Le principal “gap” dans les capacités des pays de l'OTAN et de leurs alliés, c'est la détection antiaérienne ».
L'équipe comptait dix personnes en octobre selon Consultor, avec un objectif de 40 à 50 l'an prochain. La startup a rejoint le programme France Deeptech et vise l'Allemagne et l'Europe de l'Est.
Ce que ce tour révèle du capital-risque défense en France
Trois signaux ressortent. D'abord, la vitesse : un seed de 7,1 M€ sept mois après l'immatriculation, avant toute commande commerciale, confirme que les profils fondateurs issus de la défense lèvent vite. Ensuite, la structuration du marché : des fonds dédiés comme celui de Keen, adossés au Fonds européen d'investissement, deviennent chefs de file. Enfin, la logique industrielle : les investisseurs financent des produits pensés pour la série, cohérents avec l'usage massif des drones bon marché.
Ce mouvement prolonge la réorientation des portefeuilles que nous avions mesurée dans la hausse des allocations des VC français vers la défense et dans la montée de la défense et du spatial chez les VC. Il tranche avec une French Tech où l'IA concentre l'essentiel des montants, comme dans le bilan des levées de la semaine 44.
Ce que dirigeants et investisseurs doivent retenir
Pour un fondateur deeptech, le tour de Gallium Defense donne trois enseignements pratiques, sans valeur de recommandation d'investissement :
- Cibler les fonds spécialisés : un fonds défense apporte un réseau d'intégrateurs et une lecture des cycles d'achat publics qu'un généraliste n'a pas.
- Prévoir le cadre réglementaire tôt : une activité de défense relève du contrôle des investissements étrangers en France et, pour l'export, du régime des biens à double usage ou des matériels de guerre. Ces contraintes pèsent sur la table de capitalisation et les marchés accessibles.
- Prouver par la démonstration : les acheteurs de défense jugent sur essais. Des démonstrations régulières, comme les sorties mensuelles annoncées par Gallium, raccourcissent le cycle de vente.
Pour un investisseur, le jalon à suivre est l'ouverture des commandes au premier trimestre 2027 : c'est elle qui dira si la promesse de coût tient face aux exigences des intégrateurs.
Sources : Gallium Defense, Tech.eu, Consultor, Vestbee. Article rédigé avec l'aide de l'IA selon notre [charte](https://www.shareware.fr/charte-ia).
Questions fréquentes
Combien Gallium Defense a-t-elle levé ?
Gallium Defense a annoncé le 3 novembre 2026 un tour de seed de 7,1 M€, co-mené par Keen Venture Partners et 360 Capital, avec la participation d'Omnes Capital et de Polytechnique Ventures. L'argent doit financer l'industrialisation de son radar, le renforcement de l'équipe, l'entraînement de ses modèles d'IA et des démonstrations régulières auprès des clients potentiels.
Qui sont les fondateurs de Gallium Defense ?
La startup a été fondée à Paris en avril 2026 par trois anciens du Boston Consulting Group : Eric Fournier, PDG, Florian Lemoine, directeur technique passé par la DGA et l'OTAN, et Robin Mandel, directeur des opérations passé par Safran et Thales. L'équipe comptait une dizaine de personnes en octobre 2026 et vise 40 à 50 salariés l'année suivante.
À quoi sert le radar GDS-10 ?
Le GDS-10 est un radar 3D en bande X destiné à détecter et suivre des drones, y compris en essaim, jusqu'à 10 km selon l'entreprise. Il existe en version pour les infrastructures critiques, comme l'énergie ou les aéroports, et en version militaire. Il est conçu à partir de composants du commerce pour être produit en grande série à moindre coût.
Quand le radar de Gallium Defense sera-t-il disponible ?
Selon son communiqué, Gallium Defense ouvrira les commandes au premier trimestre 2027. Les essais en extérieur ont commencé et l'entreprise prévoit des démonstrations chaque mois d'ici là. Les performances annoncées, notamment la portée de 10 km, ont été mesurées en conditions contrôlées et restent à confirmer sur le terrain.